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Les Voivres
Actualité / Message

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11 janv. 2019 Par jeannot88 Réagir
(Cahier de doléances présenté par Michel Houillon à la mairie des Voivres)
Je dois être en manque du bon air pur et vivifiant des Vosges au point de ne plus rien comprendre (si tant est que je n’aie jamais compris quelque chose) à ce mouvement déclenché en novembre dernier et dont on se demande bien comment il pourra se terminer tant, après la surprise générale d’un Gouvernement engoncé dans ses certitudes hautaines mais démuni du simple bon sens, le grand débat promis se voit bordé à outrance, bêtement borné , exagérément encadré et assurément prêt à générer plus de frustration que de satisfaction.
Je n’ai vraiment pas l’impression que cette concession "royale" du 10 décembre pour calmer « le bon peuple » corresponde à la demande (initiale tout au moins) alors pleinement justifiée des "Gilets jaunes". Et les errements divers et variés des différentes parties ne présagent rien de bon.
Pourtant, on se réjouirait presque que les maires, « piliers de la République » oubliés ou délibérément écartés au cours du présent quinquennat soient remis au centre du village, appelés à la rescousse par un Exécutif jugé trop prématurément aux abois, sauf que :
> « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. » disait Martine Aubry, la ministre peu inspirée des 35 h et maire de Lille. Actuellement tout est tellement flou qu’il y a certainement beaucoup de loups.
> A voir toute l’agitation autour de ce grand débat promis et l’accueil réservé aux premiers émissaires de Macron (Blanquer et Lecornu), il est clair que les éventuels participants n’y vont pas avec la confiance et donc la sérénité qu’il conviendrait tandis que le mystère est total en ce qui concerne l’aboutissement de la remontée des cahiers de doléances imaginés avec un certain succès par l’AMRF mais quelque peu phagocytés par l’imagination aussi infertile que plagiaire, piégeuse mais contrainte (par le mouvement des Gilets jaunes) d’un Président soucieux de gagner du temps et de privilégier un soi-disant dialogue avec tous les Français dont il se découvre tardivement le Président… tout en restant éminemment celui des riches.
Oui, qu’on se le dise, on ne reviendra pas sur l’ISF qui était pourtant, si ma mémoire est bonne, une des premières et incontournables revendications des manifestants apolitiques, a syndicats, mais dont on voit bien que certains sont prêts à renier leurs premières amours pour un plat de lentilles tandis que d’autres, heureusement une minorité, sont devenus de pitoyables mais dangereux "fouteurs de merde"…
> Devant l’étendue des dégâts, ce Jupiter en perdition pendant des semaines se souvient avec bonheur des petites ruralités, des petites villes, des territoires et de leurs édiles qu’il a superbement ignorés sauf à leur couper les vivres.
Attention ! Selon l’organisation, l’orientation et les conclusions que prendraient ces débats, il pourrait bien, en cas d’échec et avec tout le cynisme qu’on lui connait, leur faire porter le chapeau. Là encore, tout dépendra certainement de la façon dont "ruissellera" la synthèse présidentielle - qu'on ne peut imaginer, encore à ce stade, que verticale - de ce grand débat national, horizontal, tellement espéré mais déjà partiellement fermé par les habituels "empêcheurs de tourner en rond" de la "Macronie".
> Je ne voudrais pas passer pour un mauvais génie mais on pourrait supposer que celui ou celle qui a fait fuiter le salaire de Jouanno, la Présidente "millionnaire" de la Commission nationale du débat public (CNDP), a voulu - d’emblée - faire échouer ce dialogue. Mais c’est éclairant.
A y regarder de plus près, c’est presque parfaitement réussi et là encore, on ne peut pas dire que les têtes bien faites de l’ENA aient été biberonnées au bon sens. Faire cohabiter (ne serait-ce que quelques mois) un salaire de 14 666 € - que certains ne veulent pas commenter puisqu’il faudrait commenter aussi le leur - avec des salaires (voire aucun) et des pensions de misère ne relevait pas d’une grande intelligence. Rassurons-nous, la déportation de cette mission n’est qu’une « péripétie » (Premier Ministre). C’est dire dans quelle estime cette ancienne ministre de Sarkozy était tenue. Mais ne paierait-elle pas, en raison de ses judicieuses recommandations faites au Gouvernement de ne pas orienter ou confisquer (ce qu’il fait néanmoins) un débat qui s’annonce agité ? Il est permis de le penser.
Pourtant, pas folle la guêpe qui se défend bec et ongles (si on peut l’écrire pour une guêpe), elle n’a pas encore démissionné de sa fonction – et elle ne le fera sans doute pas - comme il lui était chaudement recommandé par l’inénarrable (mais malfaisant pour la Com’ gouvernementale) Griveaux, apparemment remis de ses émotions d’engin de chantier et paradant au côté de Philippe avant de rendre compte du Conseil des Ministres : « Il est assez incompréhensible pour nos concitoyens de démissionner de la principale mission qui est confiée à la Commission qu'on préside soi-même", a-t-il insisté, précisant néanmoins que la Commission était une "autorité administrative indépendante" et qu'il lui appartenait, où à Chantal Jouanno elle-même, de décider de la suite.
> Du salaire astronomique de Jouanno aux cagnottes, celle inavouable pour le boxeur (avec une Schiappa se rattrapant aux branches comme elle pouvait après avoir invité à la délation : « Je ne demande pas un tableur Excel avec les noms des donateurs de la cagnotte de Leetchi, ça ne me concerne en rien, s'est-elle défendue. La question que j’ai posée c’est : qui finance les casseurs ? Des puissances étrangères ? La question n’est pas incongrue eu égard aux positions de responsables italiens. ») et celle plus morale (faudrait voir pour certains des Forces de l’Ordre qui s’en donnent aussi à cœur joie… malgré leur lassitude tournant en boucle sur les antennes) en passant par telle ou telle prime, augmentation sensible du salaire de la répression, nous nageons dans la fange d’une bataille de chiffres dont certaines catégories se réjouissent (d’où la remontée de popularité de Macron et Philippe dans les sondages), pour l’instant, des miettes jetées avec condescendance ici et là sans imaginer un seul instant qu’il faudra bien que quelqu’un paie.
> Dans ce galimatias général, je n’ai pas non plus très bien compris, ni le Gouvernement non plus semble-t-il (le bon père de famille Le Maire, notamment) qui, malgré la menace du Conseil constitutionnel, verse d’autorité, histoire de plus ou moins s’en exonérer, la question au "rayon des soldes", cette affaire de Taxe d’Habitation : 80 %, 20%, 100 % ? Des chiffres, toujours des chiffres.
Tout ce que je sais, c’est que je continue à verser la CSG, payer la TH mais, aumône "divine", ma pension de « retraité nanti » va bénéficier d’une colossale revalorisation de 0.3 % ! Le fin du fin, c’est que je connais aussi celle de 2020…
> Récemment le Président du Sénat, Larcher, s’exclamait à propos de Macron : « Il faut qu'il écoute le pays. Il faut cesser cette verticalité de la décision. » A la façon dont ce dernier a décidé d’engager le débat (dicté surtout par sa volonté froissée et en y mêlant ministres, députés, préfets), au regard d’un premier bilan parvenu au ministre chargé des Collectivités territoriales et à un récent sondage rapporté par BFM TV (çà vaut ce que çà vaut), il y a des soucis à se faire.
> Passons sur les banalités d’un dispositif ayant rencontré un succès plus fort en zone rurale qu'en zone urbaine, au bilan concernant le profil "type" du contributeur correspondant à celui d'un "rural populaire" (pas étonnant puisqu’il s’agit d’une initiative de l’AMRF) et sur une analyse des propositions révélant une plus forte participation des classes populaires et des inactifs (termes plutôt péjoratifs, je trouve), cette initiative aurait – ce qui est préoccupant - « rencontré un succès mitigé à l’échelle nationale » (entre 3000 et 5000 communes seulement sur les 35.000 que compte la France).
> Passons aussi sur les différences avec la consultation du CESE (à l’influence réelle et au coût largement critiqués) visiblement inondé par un mouvement complètement étranger aux "Gilets jaunes", "la Manif pour tous", il ressort que les doléances exprimées pointent surtout l’attachement d’une partie du peuple français au principe d’égalité (qui n'existe évidemment pas et sans égalité, pas de liberté) en lien avec les revendications du terrain.
*JUSTICE FISCALE ET SOCIALE (hauts-fonctionnaires, élus nationaux et représentants des corps intermédiaires sont des privilégiés ; certains citoyens ou entreprises gagnent trop d’argent et ne payent pas assez d’impôts. Dans cette catégorie, l'élément qui revient le plus est la proposition - largement partagée depuis le début de la crise - de rétablir l'ISF. Autre point qui revient : le fait que le pouvoir d'achat baisse trop pour les retraités et les classes populaires).
* BESOIN DE DÉMOCRATIE ET DE TRANSPARENCE (les dirigeants "ne représentent plus le peuple et ne gouvernent que dans leur intérêt " à l’exception notable des maires" ; le système représentatif "dépossède" les citoyens de leur pouvoir. Figure donc parmi les doléances, l'idée très largement diffusée pendant les manifestations des gilets jaunes de demande d'établissement d'un "référendum d'initiative citoyenne". Les citoyens font également remonter l'idée selon laquelle l'action publique n'est pas assez transparente).
* DÉCLASSEMENT DU CITOYEN (la France rurale est sacrifiée par rapport à la France des villes ; les Français ont connu un déclassement social ; l'immigration n'est pas contrôlée).
Il apparait aussi quelques sujets peu évoqués (environnement, famille ou encore culture) et d'autres plus récurrents (limitation à 80 km/h, coût du contrôle technique, fiscalité du carburant centré sur la seule automobile, absence d’alternative en raison de l’insuffisance des transports collectifs...)
Beaucoup de choses donc à mettre sur la table mais les évacuations gouvernementales de certains sujets tabous, tout comme l’imposition d'office d'autres, augurent mal du succès de ce grand débat. Sans compter que bon nombre de nos dirigeants ne sont pas prêts à ou près d'abandonner la moindre parcelle de leur pré-carré...
(modifié le 12-01-2019)
jeannot88

L'auteur jeannot88 est l'auteur de ce message sur Les Voivres (Vosges) publié le vendredi 11 janvier 2019 à 17h32.

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