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Les Voivres
Actualité / Message

Je suis en colère

28 févr. 2019 Par jeannot88 Réagir
(photo prise le 26 février 2019 pendant le carnaval de Cologne, en Allemagne, montrant une statue à l'effigie du président français Emmanuel Macron déboulonnée par des « gilets jaunes ». [Oliver Berg / dpa/AFP]
Je griffonne vite fait - et sans doute mal fait - un article sous l'emprise de la colère (bien que toujours mauvaise conseillère) mais l’agressivité ou l’incompétence des uns appellent une réponse des autres.
Ainsi, au moment où on nous parle de records de températures, je voudrais parler de records de « conneries ».
A se demander tout d’abord si les ors d’une République, promise exemplaire et transparente mais qu’ils dégradent impunément, ne montent pas au cerveau de ceux qui y séjournent trop longtemps. A commencer par l’incorrigible Macron qui au lieu de soutenir devant des élus du Grand-Est que « lorsqu'on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire » et de "vanter les bienfaits du LBD" pendant une conférence de presse conjointe avec Merkel, ferait bien de faire son examen de conscience (s’il en a une) en se demandant s’il ne serait pas un peu pour quelque chose dans cette "jacquerie" inattendue et persistante .
Ajoutons-y les "Dupond et Dupont" (en moins drôles) de l’Intérieur qui le soutiennent inconditionnellement et en rajoutent probablement dans la "conduite des opérations », ainsi que Griveaux, toujours avec la mesure qu’on lui connait, pour qui les "Gilets jaunes" seraient des personnes venant « pour casser, piller, brûler, frapper voire tuer ».
« Des complices du pire, j'en connais d'autres : Macron, Castaner, Nuñez... Qui ordonnent de tirer au LBD sur des "Gilets jaunes" qui seront éborgnés » a déclaré sur Twitter Benbassa, sénatrice EELV. Député La France insoumise, Coquerel s'est demandé quant à lui, dans un tweet, si « on est toujours en démocratie quand les droits des opposants sont ainsi menacés ». Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a souligné pour sa part qu’« une démocratie normale, c'est une démocratie qui écoute son peuple et qui fait en sorte que ces personnes qui manifestent depuis 15 semaines soient entendues ». Pour Dupont-Aignan sur Public Sénat, président de Debout la France « C'est un Macron qu'on connaît bien : il est méprisant. Il ne s'interroge pas sur les causes de la crise et ne cherche pas à trouver les remèdes », accusant le chef de l'État de « monter les Français les uns contre les autres ».
Tout cela est, si j’ose écrire, de bonne guerre me direz-vous, de la part des oppositions laminées (hormis le RN mais dont on sait ce qu’il adviendra en cas de duel Le Pen-Macron). Il y a de quoi se poser des questions – et de se révolter - devant l’impuissance (simulée ou non) d’un Exécutif cynique, arrogant, fermé au dialogue malgré un semblant de vaste concertation "consultative", ostensiblement plus porté vers le pourrissement du mouvement que vers le véritable remède à y apporter.
Restent LR (au passage, il faudrait se souvenir des propositions de Fillon… pas sûr que ce serait mieux que maintenant) qui, malheureusement, ne manquent pas d’insuffler plus de perplexité qu’un recours possible.
On le voit, les divisions "et à Gauche et à Droite" révèlent, elles aussi, une bonne dose de « connerie » dont tous les partis concernés ne sont pas près de se remettre.
Justement, habitué maintenant au grand raout des shows macroniens du Grand Débat national, je suis resté un peu sur ma faim et ai surtout retenu (c’est ce qui a été mis en exergue par les journalistes) de cette réunion, en "caméra cachée" ou à huis-clos, des élus du Grand-Est. « Certains élus ont néanmoins défendu le discours d'Emmanuel Macron. Jean Rottner, président (LR) de la région Grand Est présent lors du débat mardi à l'Élysée, a salué sur CNews "la parole forte" du chef de l'État, à qui il revient, selon lui, de "montrer la direction, de montrer une autorité républicaine". » a-t-on pu lire dans la Presse. J’espère au moins que cette invitation de près de cinq heures ne s’est pas seulement résumée à une sorte de mise en coupe réglée des "Gilets jaunes" que Macron hait à peu près autant que ces retraités improductifs dont il a fait sa vache à lait… bien avant son record de présence au Salon de l’Agriculture.
Ma colère contre ce Gouvernement que je ne suis pas loin de partager avec Jacline Mouraud, figure des "Gilets jaunes", elle aussi un peu dépassée par la tournure qu’ont pris les événement depuis plus de trois mois : « criminaliser les manifestants sincères, c'est un appel à la violence du président et du gouvernement » vient-elle de dire, n’épargne pas non plus les "Gilets jaunes". Je fus l’un d’eux dès le premier jour (17 novembre 2018). Las ! Seulement deux jours après (sans pouvoir prédire la fin, ni même imaginer la durée de ce conflit inédit), j’ai été amené, en constatant le durcissement du mouvement et quelques autres incongruités, à signifier à mes éphémères "camarades de Rond-point" qu’ils étaient en train de perdre la guerre.
Prédiction confirmée depuis par leur incapacité à se structurer, s’organiser, se rassembler, à mettre sous le boisseau leurs luttes internes fratricides, à cesser leurs menaces de mort parfois, à prioriser leurs demandes de plus en plus diverses, souvent absurdes et inintelligibles, à revoir leur représentation autrement que par des "guignols" parfois aussi excités que dangereux, ne connaissant pas leurs dossiers, etc., en un mot par leur « connerie » incommensurable.
Dépassés par leur mouvement fort honorable à l’origine et qui a soulevé beaucoup d’espoir, "snobés" par un Gouvernement qui est parvenu à les discréditer d’abord et surtout en laissant faire, en minimisant le nombre des manifestants puis, jouant finement, en augmentant significativement le salaire des Forces de l’Ordre pour - au besoin - les (re)motiver, reprenant ensuite du poil de la bête en exploitant quelques images-choc, les culpabilisant en les amalgamant aux casseurs, c’est maintenant pour eux la fuite en avant sans vouloir ou même savoir l’arrêter.
« C'est peut-être là le plus grand tort de la France. Lorsqu'il y a un problème quelque part il est très difficile de se faire entendre. Ce n'est souvent qu’après avoir utilisé la manière forte, grèves, manifestations, barrages routiers, que les responsables acceptent d'ouvrir des négociations ». Je suis d’accord avec ce passage tiré de http://lesvoivres88240.over-blog.com/-48, mais alors pourquoi Macron, l’homme d’un "Monde nouveau" (par les paroles mais resté bien ancré dans l’ancien par ses attitudes) qui ne jure que par Merkel et le modèle allemand, n’en suit-il pas l’exemple ?
Son astuce(?) et je n’en démords pas, c’est d’avoir retourné à son profit la belle initiative de l’AMRF ("Cahiers de doléances et de propositions") pour, peut-être, en tirer la substantifique moelle mais surtout gagner du temps, criminaliser les "Gilets jaunes", dézinguer ceux et celles qui ne font pas partie de sa classe et de sa famille politique.
De quelque chose qui devait remonter ("Cahiers de doléances et de propositions"), c'est autre chose qui "ruisselle" (la Lettre de Macron et sa trentaine de questions astucieusement encadrées, doublée d'un "Grand Débat national"), le tout "coaché" par une sorte de "Grand prédicateur" en bras de chemise, ses ministres, sa majorité et, en définitive, l'ensemble de la "Macronie" et de ses ralliés qui occupent tout l'espace médiatique pour étouffer toute velléité de rébellion.
Pour le reste, oui les revendications se ressemblent un peu tout au long de ce "Grand Débat national", imposé, orienté, qui s’étire à n’en plus finir et dont on attend une restitution et des décisions… pas forcément certaines de calmer des esprits prêts à s’enflammer pour la campagne (déjà commencée) des Européennes.
(modifié le 01-03-2019)
jeannot88

L'auteur jeannot88 est l'auteur de ce message sur Les Voivres (Vosges) publié le jeudi 28 février 2019 à 19h04.

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