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Les Voivres
Actualité / Message

Le vélo oui, mais...

13 mars 2018 Par jeannot88 3 réactions
► Triste anniversaire aujourd'hui. Il y a un an jour pour jour, ma compagne, circulant en vélo, était renversée par une automobiliste pressée.
Je sais bien qu'il n'est pas bon de toujours ressasser les mêmes choses alors qu'il en existe de bien plus graves encore et qu'il faut évidemment prendre sur soi sans toujours importuner famille, amis, voisins, lecteurs, mais je veux témoigner que d'un "banal" accident de circulation, il est difficile - tant qu'on n'est pas soi-même concerné - d'imaginer les conséquences d'un tel évènement, forcément tragique pour ceux qui le vivent.
Autrement dit, comment admettre la "mue" causée par la faute d'une conductrice imprudente, d'une femme encore assez jeune, adepte de la bicyclette, active dans ses engagements associatifs, en une personne handicapée à vie, traumatisée pour longtemps, fortement démoralisée malgré tout et dont le vocabulaire tourne autour de chirurgien, kiné, psy, etc. et de celui qu'elle considère plus "humiliant" (même si c'est moi qui m’en charge) de demander à être coiffée, habillée, transportée.
Pas d'autoflagellation ni d'apitoiement sur notre sort mais, tout de même, si rappeler les circonstances et leurs conséquences - celles connues pour le moment, toutes ne le sont pas encore - ne va rien changer au problème, le fait de tenter d'"exorciser" ce qui est pour nous une sorte de drame, peut être un début de reconstruction, alors rappelons les :
http://www.loomji.fr/les-voivres-88520/vie-locale/legal-ou-moral-25066.htm
► Pour être complet (pour le moment), j'ajouterai ma proposition d'article (octobre 2017, suite au jugement du tribunal du Mans) pour le "Courrier des lecteurs" du journal Ouest-France qui, cette fois, faute de place (?) et contrairement à celle du 19-05-2017, n 'a pas été retenue :
[ De quel côté penche la balance ?
On ne commente pas, dit-on souvent mais à tort, une décision de Justice. Dans ce "Courrier des lecteurs", il n’est évidemment pas question de « chercher à jeter le discrédit, publiquement […] dans des conditions de nature à porter atteinte à l’autorité de la Justice ou à son indépendance. » mais il s’agit simplement de relever quelques "interrogations" d’une victime d’accident, confrontée pour la première fois à ses arcanes, lors du déroulement d’une « Convocation devant le Tribunal correctionnel ».
Dans le cadre de sa "reconstruction ", la victime d’un accident de circulation sur la voie publique il y a quelque 7 mois, a cherché notamment, puisqu’il est communément admis que cela y participe, à mettre un visage sur la conductrice responsable de ce drame – car c’en est un, en tout cas pour la victime – qui n’est pas restée auprès d’elle au moment des faits ni n’a jamais daigné, depuis, montrer la moindre qualité d’humanité en prenant, par exemple, de ses nouvelles ou en prononçant quelques mots d’excuses, voire en affichant un soupçon de compassion. Il est vrai que, comme il a été dit au cours de l’enquête, c’est cette conductrice pressée, imprudente - et par conséquent dangereuse - qui aurait été traumatisée…
L’occasion d’exprimer l’ombre d’un regret, comme l’a supposé – à tort, on le verra - l’accompagnatrice bénévole du Bureau d’Aide aux Victimes, dont je veux ici souligner le rôle important d’information et de soutien, allait vraisemblablement lui être donnée au cours de cette audience.
Eh bien ! la victime a été servie. Une sorte de monde à l’envers. Pas de considération pour la plaignante, pas de droit à la parole (hors identité et demande si elle se portait partie civile ; en l’occurrence non, comme conseillé) non plus. La conductrice fautive, présente à l’audience, droite comme un I à la barre, sans un regard pour sa victime, s’est contentée de reconnaître devant la juge ce qui avait été convenu (hors présence de la plaignante) auparavant dans le bureau du Procureur au cours d’une « Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) » puis a quitté la salle du tribunal, dès la fin de l’énoncé des sanctions, certainement aussi vite qu’elle avait quitté les lieux de l’accident, toujours sans la moindre marque d’attention, même tardive, à l’égard de l’infortunée victime.
On a beau expliquer, à la plaignante qui a du mal à l’admettre, la différence entre "le pénal" le "civil" et une entente "à l’amiable" avec l’assurance, dans un département comme la Sarthe qui déplore un bilan catastrophique en matière d’accidents, ce n’est pas avec cette Justice là, qui imagine entériner le volet pénal de cette affaire - toutes sommes confondues (amende, infraction et stage de sensibilisation, je crois, à la Sécurité routière) - pour quelque 800 €, qu’une nécessaire prévention, certes, mais aussi le manque d’exemplarité d’une sanction à la hauteur des dommages irréversibles causés dans un tel cas, parviendront à modifier certains comportements aussi inqualifiables qu’injustifiables. Pas du tout certain que la Société y trouve son compte. A la question posée récemment dans le journal "Ouest-France’ : « Etes-vous en sécurité sur votre vélo ? », la réponse est, évidemment non.
En citant les quelques mots furtifs de la conductrice qu’a pu, malgré son état de choc, retenir la victime le jour de l’accident, quelle était donc l’urgence par rapport à une vie humaine d’un « rendez-vous aux Impôts » qui a amené cette automobiliste tellement « pressée », à « ne pas avoir vu » la malheureuse cycliste, ne pas respecter un panneau "Cédez le passage" pour, finalement, venir la heurter et la projeter au sol au milieu de la route ?
De cette faute gravissime à l’égard des dommages causés mais presque "compréhensible" tant il s’en produit régulièrement, le pire restait à venir puisque la conductrice décidait (après avoir, pour être honnête, donné rapidement ses coordonnées à un témoin ô combien providentiel) de quitter les lieux sans même attendre l’arrivée des Secours et sans jamais, depuis lors, s’enquérir du sort de sa victime. Etonnant non ?
Nous savons tous que moralité et légalité ne font pas nécessairement bon ménage mais, à mettre en balance la sanction pénale, somme toute modique déjà mentionnée avec l’extrême douleur supportée - encore aujourd’hui et pour longtemps - avec courage par la blessée, le préjudice physique et esthétique à vie, la répercussion néfaste et à durée indéterminée sur son moral et son psychisme, l’important handicap constaté de prolongation en prolongation d’ITT, les séquelles irrémédiables d’une épaule fracassée remplacée par une prothèse et d’un nerf axillaire sectionné, prédites par tous les spécialistes au cours de visites et consultations contraignantes, pas sûr que l’idée d’équilibre et de mesure, représentée par une balance précisément, tenue dans la main gauche de cette femme, symbole de la Justice, aux yeux souvent bandés, soit bien respectée.
Ce qui est sûr, c’est que, dans ce cas, le bandeau semble plutôt la rendre beaucoup plus aveugle qu’impartiale et que le pouvoir puissant du glaive, tenu dans sa main droite, est bien plus "confondant" pour la victime que pour la coupable ! ]
jeannot88

L'auteur jeannot88 est l'auteur de ce message sur Les Voivres (Vosges) publié le mardi 13 mars 2018 à 14h56.

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Les commentaires (3)

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14 mars 2018 16h43

Merci pour les 2 commentaires.
Je vais cependant insérer le lien (au 13 mars) de cet article dans le blog de "Les Voivres un village qui ne voulait pas mourir" qui est assurément plus visité que le mien.

14 mars 2018 04h28

Les victimes dérangent. Les victimes ont le tort de se plaindre. C'est pour cela que beaucoup de personnes ne portent pas plainte.

13 mars 2018 17h50
Evelyne, de Esprels (70)

Les traumatismes moraux sont tout aussi difficiles à porter que les traumatismes physiques.
Bon courage

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