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Les Voivres
Actualité / Message

Sainte-Barbe : pas seulement la patronne des sapeurs pompiers

02 déc. 2014 Par jeannot88 Réagir
En ce jour du 2 S (reconstitution de la bataille d'Austerlitz) qui mériterait, à lui seul, une explication, et en écho au message de Bernard relatant la célébration de Sainte-Barbe par les sapeurs pompiers de Bains-les-Bains (autrefois, il devait y en avoir aux Voivres car j'ai un vague souvenir du casque de "soldat du feu" de mon père, trônant sur une étagère de l'armoire de notre salle à manger - et cela m'intéresserait, évidemment, d'en savoir un peu plus), je veux rappeler son histoire au travers de renseignements divers glanés sur le "net" et de mes connaissances personnelles, puisqu'elle fut, en quelque sorte, ma patronne au cours de mes presque 33 années de service dans l'Arme de l'Artillerie.
► Barbara ou sainte Barbe aurait vécu au milieu du IIIe siècle à Nicomédie en Asie Mineure, aujourd’hui Izmit, un port de Turquie, sur la mer de Marmara. D’autres sources la font naître à Héliopolis aujourd’hui Baalbeck au Liban alors possession byzantine où elle vécut sous l’empereur Maximien.
Son père, un riche païen, un satrape du nom de Dioscore, voulut protéger sa virginité (ou la protéger du prosélytisme chrétien). Il l’enferma dans une tour à deux fenêtres. Mais un prêtre, déguisé en médecin, s’introduisit dans la tour et la baptisa.
Au retour d’un voyage, Barbara lui apprit qu’elle avait percé une troisième fenêtre dans le mur de la tour pour représenter la Sainte Trinité et qu’elle était chrétienne. Furieux, le père mit le feu à la tour.
Barbara réussit à s’enfuir, mais un berger découvrit sa cachette et avertit son père. Ce dernier la traîna devant le gouverneur romain de la province, qui la condamna à d’affreux supplices. Comme la fille refusait d’abjurer sa foi, le gouverneur ordonna au père de trancher lui-même la tête de sa fille.
Dioscore la décapita et fut aussitôt châtié par le Ciel : il mourut frappé par la foudre. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare ».
Patronage
Les catholiques prient donc sainte Barbe pour se protéger de la foudre, mais elle est aussi la patronne des architectes, des géologues, des pompiers, des mineurs (et par extension actuellement, des ingénieurs des Mines), des artilleurs, des sapeurs, des canonniers, métallurgistes et autres corporations liées au feu, dont les pétroliers militaires.
En particulier, le fort patronage que lui vouaient les mineurs de fond s’est progressivement transmis aux ouvriers et ingénieurs des travaux souterrains (tunnels, cavernes, etc.) avec la disparition progressive de l’industrie minière occidentale. De nos jours, une sainte Barbe trône toujours à l’entrée des tunnels en construction pour protéger les ouvriers-mineurs des accidents de chantier.
Les empereurs byzantins vénéraient particulièrement ses reliques qu’ils firent transférer au VIe siècle à Constantinople. Une partie fut emmenée en Italie par les Vénitiens, et une autre au XIe par la fille d’Alexis Comnène à Kiev, où elles se trouvent toujours à la cathédrale Saint-Wladimir de Kiev.
► Selon "Base documentaire des Artilleurs"
Les artilleurs fêtent depuis plusieurs siècles Sainte-Barbe. Aujourd’hui, plus qu’une sainte patronne qui trouve son origine dans les corporations du moyen âge, elle est devenue une figure emblématique dont la force de caractère commande à la foudre donc au feu. La vie de Barbe doit toujours être présentée accompagnée d’une explication et d’une contextualisation qui permettent une appropriation des valeurs qu’elle représente par tout un chacun.
Les artilleurs fêtent Sainte-Barbe le 4 décembre. Il s’agit d’une fête décentralisée à l’Ecole d’Artillerie et dans chaque régiment et garnison à laquelle participent amicales et associations d’anciens. C’est une fête où détente, bonne humeur et simplicité trouvent leur place. Généralement, les lieutenants vont réveiller « en fanfare » le chef de corps ; les sous-officiers de chaque batterie font de même avec leur capitaine.
Une bonne et belle fête de Sainte-Barbe est le symbole de la bonne santé psychologique d’une unité d’artillerie. Trois activités se développent selon une chronologie qui peut varier : montée des couleurs et/ou prise d’armes, challenge de sports collectifs et repas de cohésion.
A Paris, la Sainte-Barbe revêt une dimension particulière avec une cérémonie à l’Arc de Triomphe et une rencontre aux Invalides chaque premier samedi qui suit le 4 décembre.
A la date du 4 décembre, est célébré le souvenir de Sainte Barbe, patronne de l’artillerie, des métiers du feu, de la forge et de la mine. Pour l’artillerie, une cérémonie militaire est organisée dans chaque détachement autonome quelle que soit son importance.
Un personnel, généralement du grade de lieutenant, lit le texte suivant :
Légende de Sainte Barbe
« Barbe est la fille du roi Dioscore de Nicomédie en Asie Mineure. Voulant, à cause du grand éclat de sa beauté, la soustraire aux regards des hommes, il l’enferma dans une tour. La pieuse vierge vivait dans la prière et la méditation ne pensant qu’à plaire à Dieu. Dioscore, à plusieurs reprises, lui offrit de nobles alliances qu’elle dédaigna. Pensant alors qu’en se séparant de sa fille il pourrait adoucir ses résistances, il partit pour une contrée lointaine.
A son retour, voyant sa fille dans le même état d’esprit, le roi s’emporta au point de se jeter sur elle, l’épée à la main. Peu s’en fallut qu’il ne la tuât dans sa fureur, mais Barbe s’enfuit au sommet d’une montagne et se cacha dans une grotte. Peu après, le père dénaturé l’ayant découverte l’accabla de coups et la livra lui-même au Gouverneur romain pour être châtiée.
Celui-ci employa, mais en vain, tous les moyens pour l’ébranler. Il la fit battre à coup de nerfs de boeuf et jeter dans une prison.
Dieu fortifia Barbe pour subir sa passion : elle fut encore martyrisée, traînée à travers les places publiques et enfin décapitée. Son père, dans un acte de suprême barbarie, lui trancha la tête. A l’instant même, il tomba mort frappé par la foudre. »
Cette lecture est suivie d’une deuxième, réalisée généralement par le commentateur de la cérémonie à partir d’un micro off :
Exégèse de la légende de Sainte Barbe
« Depuis des siècles, les artilleurs et tous ceux qui utilisent la poudre fêtent Barbe comme sainte patronne suivant la tradition chrétienne qui vient d’être rappelée et comme cela existe dans de nombreux métiers. Mais Barbe est-elle aujourd’hui une sainte patronne ou, dans une approche plus adaptée à notre société, une figure emblématique dont la force commande à la foudre ? C’est cette deuxième définition qu’il convient de retenir.
Au-delà de la connotation religieuse, Barbe symbolise deux qualités fondamentales du soldat et de l’artilleur :
•sa force de caractère qui doit être une référence pour l’homme dans l’action et donc pour le soldat ;
•sa maîtrise de la violence qui doit être un modèle pour l’artilleur qui connaît la force des armes qu’il est en mesure de lui opposer.
Ces vertus trouvent à l’évidence leur champ d’application autant en tant de paix, qu’en temps de crise et a fortiori en temps de guerre.
Barbe, en ce début de XXIème siècle est donc devenue dans l’artillerie de France un modèle, une figure emblématique qu’il convient que nous gardions tous en mémoire. »
Le cri des artilleurs
C’est ce qui ponctue les allocutions, le jour de la Sainte-Barbe ou à l’occasion de repas de corps ou d’activités de cohésion.
Et par Sainte-Barbe... Vive la bombarde !
► "L’Artilleur de Metz", un chant traditionnellement repris en chœur, pour terminer les agapes organisées à l'occasion de la Sainte-Barbe :
Faisant référence aux années messines de l’Ecole d’artillerie (1802-1870), l’artilleur de Metz se chante sur un célèbre air d’opéra, écrit par Bellini « Les Puritains » (première présentation le 24 janvier 1835) qui est aussi la base musicale de la « Galette », chant de tradition de l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr.
Il en existe de nombreuses versions, plus ou moins grivoises, dont la dernière en date est imprimée ci-dessous. Comme toutes les traditions, celle-ci est évolutive, par un compromis subtil entre la dynamique des corps de troupe et les obligations du commandement de conserver à nos manifestations une dignité de bon ton.
L’ARTILLEUR DE METZ
« Quand l’artilleur de Metz
Arrive en garnison,
Toutes les femmes de Metz
Prépar’ nt leur p’tite maison
Pour montrer le chemin
A l’artilleur coquin
Qui, bientôt en vainqueur
Entrera dans leur cœur.
REFRAIN
Artilleurs, mes chers frères
A sa santé, buvons un verre
Et répétons ce gai refrain :
Vivent les artilleurs, les femmes et le bon vin !
Quand l’artilleur de Metz
Demande une faveur,
Toutes les femmes de Metz
L’accordent avec chaleur.
Et le mari cornard
Craint l’artilleur veinard
Qui, malgré pluie et vent
Va toujours de l’avant.
Quand l’artilleur de Metz
Quitte sa garnison,
Toutes les femmes de Metz
Se mettent à leur balcon
Pour saluer au départ
Cet artilleur chicard
Qui leur a si souvent
Prouvé son dévouement.
Et par Sainte Barbe !!!
Vive la bombarde »
jeannot88

L'auteur jeannot88 est l'auteur de ce message sur Les Voivres (Vosges) publié le mardi 02 décembre 2014 à 09h34.

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