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Message › La nécessité de se souvenir
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La Guerre 1939-1945 et l'indicible
► « Se souvenir est un devoir et une nécessité » nous dit Kader ARIF, secrétaire d’Etat en charge des anciens combattants et de la mémoire.
► Discours (27-04-2014) de Monsieur le Sous-Préfet[ Monsieur le Député-Maire, Madame la Conseillère générale, Mesdames et Messieurs les élus, Mon Colonel, Mon Capitaine, Messieurs les Porte-Drapeaux, Mesdames et Messieurs, chers amis,Aujourd'hui, Journée nationale du Souvenir des victimes et des héros de la Déportation, nous avons à connaître, à essayer de comprendre et à ne jamais oublier ce que l'homme, dans les camps de concentration, a pu faire d'un autre homme.Cette vérité, nous avons aussi le devoir de la transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants pour que jamais ils ne puissent dire qu'ils ne savaient pas.La Déportation ce fut, bien sûr, l'extermination de 76 000 Juifs de France, hommes, femmmes, enfants, qui périrent dans les camps de la mort. Mais la Déportation, ce fut aussi l'élimination des opposants à la barbarie nazie et à l'Occupation : les Résistants, les militants politiques et syndicaux, les patriotes animés par une certaine idée de leur Pays, par une certaine idée de l'Homme.Ce que l'homme a pu faire d'un autre homme dans les camps, ce sont les cicatrices laissées dans le corps de notre Nation, de l'Europe toute entière et du monde qui découvrait les horreurs organisées par une idéologie funeste...Cela nous fait revivre aussi des heures noires en Sarthe car les habitants du département ne furent pas épargnés par la Déportation. Plusieurs vagues de rafles ont en effet été dirigées contre les Juifs en Sarthe, en particulier en juillet 1942, en octobre 1942 et en janvier 1944.Souvenons-nous : camp de la Pierre à Coudrecieux, camp de Mulsanne, camp de la Foucaudière au coeur même du Mans où les Juifs ont connu l'horreur.Souvenons-nous : camp militaire d'Auvours, écoles des filles de Véron-de-Forbonnais, elle aussi en plein coeur du Mans.
Souvenons-nous de la prison du Vert-Galant et de celle de la Poudrière où furent incarcérés les résistants sarthois.Pensons à toutes ces femmes, ces enfants, ces hommes qui ont souffert et n'oublions pas qu'il est vital de garder en mémoire ce que l'homme a pu faire d'un autre homme.Comme on l'entendait, il y a quelques instants devant le monument aux morts : « Les rescapés des camps de la mort rappellent toute l'importance des valeurs de solidarité, de fraternité et de tolérance qu'ils n'ont eu de cesse de promouvoir et de défendre depuis leur retour ».« Lorsque le passé est séparé de l'avenir, l'esprit marche vers les ténèbres ». Ainsi pensait Alexis de Tocqueville.Le devoir de mémoire n'est donc pas une fin en soi car la mémoire est inutile si elle n'est pas utilisée pour éclairer l'avenir.C'est à la lumière de notre histoire collective que nous trouverons notre chemin.Merci à vous tous de votre participation. Monsieur le Député-Maire, merci à la ville de La Flèche pour l'organisation de cette belle cérémonie qui nous permet de nous souvenir et de ne pas oublier.Je vous remercie de votre attention.]► Pour ma part, j'avais pris l'initiative d'organiser en 2005 à la fois la célébration du 60ème anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale et la commémoration de la Déportation. Voici donc trois de mes allocutions prononcées en présence des autorités civiles et militaires :* 23 avril 2005 (soirée)
Nous remontons le temps de 60 ans : hormis quelques poches, comme Royan ou St-Nazaire, encore aux mains de l’ennemi, le débarquement en Normandie du 6 juin 1944 et l’action non négligeable de la Résistance ont permis de délivrer - mais on sait à quel prix - la quasi-totalité du Pays. Paris libéré le 24 août par la 2e DB de LECLERC, c’est au tour de Strasbourg le 23 novembre. Le 27 janvier 1945, un détachement de l’Armée rouge découvre Auschwitz-Birkenau, à la fois camp de concentration, de travail et d’extermination, techniquement conçu pour la « fabrication de cadavres ». La 1ére Armée française franchit le Rhin le 31 mars, le camp de Buchenwald est libéré le 11 avril. Après-demain, 25 avril, les avant-gardes américaines et soviétiques vont réaliser leur jonction à Torgau. Le 29, la bataille de Berlin sera engagée. Le 8 mai, l’acte définitif de la capitulation de l’Allemagne y sera signé, en présence du Général de LATTRE de TASSIGNY, représentant la France.
Dans le cadre de son devoir de mémoire et d’histoire, la 76e Section des Médaillés Militaires avait appelé tous les patriotes et amoureux de la Liberté à célébrer, ce soir et dans la liesse, la fin toute proche d’une Guerre dont quelques dates sont jalonnées par les affiches exposées dans le hall. Je dois hélas regretter - toutes proportions gardées - que, comme au début de ces années noires, ils se comptent ! Nous commémorerons aussi, demain et dans le recueillement, l’horreur indicible de la Déportation, cette « machinerie conçue pour l’assassinat de masse », afin de raviver le souvenir et la connaissance d’un crime qui, « niant toute humanité et détruisant toute dignité », reste unique par son organisation et son ampleur.
Sitôt dégusté l’appétissant buffet préparé par la maison CIRON, le show joyeux et pétillant présenté par le facétieux et sémillant groupe "Les 3 Julots", nous rappellera la valeur précieuse de la Liberté, souvent ignorée, toujours fragile, parfois confisquée. Oui, pendant ce spectacle intitulé "Vive la Liberté", nous penserons aussi, avec force, à ceux et celles qui, en ce début de XXIe siècle - ce qui dépasse naturellement tout entendement - en sont actuellement et cruellement privés. Je veux citer, notamment mais parmi beaucoup d’autres, Ingrid BETENCOURT et Florence AUBENAS.
Merci, bonne soirée à toutes et à tous ! A demain et, vive la Liberté !* 24 avril 2005 (film)
Nous avons célébré, hier soir et dans la joie, la fin toute proche de la Guerre 1939-1945. Aujourd’hui, c’est dans le recueillement que nous voulons débuter cette Journée nationale du souvenir de la Déportation, consacrée à tous ceux et celles qui ont eu à en souffrir : les morts bien sûr mais aussi, et peut-être surtout, les vivants, tellement meurtris dans leur âme et dans leur chair.
Selon Elie WIESEL, « celui qui entend un témoin, devient un témoin ». Nous avons donc pensé que le court-métrage documentaire que nous allons projeter, "Nuit et Brouillard" d’Alain RESNAIS assisté pour le texte de Jean CAYROL lui-même déporté, serait un bon support pour nous souvenir et persister à construire ce nécessaire travail de mémoire et d’histoire. « Même si tout le monde l’a vue et que sa facture est très datée [puisque réalisée fin 1955], cette oeuvre a eu un rôle historique. Elle est comme une stèle dans cet enfer », écrivait dernièrement un expert de l’époque. Ainsi la mémoire, même insupportable, est-elle préférable à l’oubli.
Auschwitz-Birkenau, Belzec, Bergen-Belsen, Buchenwald, Chelmno, Dachau, Dora, Ersterweger, Flossenburg, Gross-Rosen, Maïdanek, Mauthausen, Natzweiler-Struthof, Neuenbremme, Neuengamme, Oranienburg, Osnabrück, Ravensbrück, Sachsenhausen, Sobibor, Sonnenburg, Stutthof, Theresienstadt, Treblinka. « Plus jamais cela », s’est-on écrié ! Mais qui a pu empêcher le génocide khmer rouge, le massacre des Tutsis au Rwanda ? Que dire de la réaction tardive face à l’épuration ethnique en ex-Yougoslavie ou ailleurs ? Certains propos révisionnistes propagés ici ou là, le regain d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme actuel, doivent tenir notre vigilance en alerte et nous rappeler, c’est en tout cas une explication d’Auschwitz par un ancien déporté, que « l’horreur peut toujours commencer par l’insulte qu’on entend dans la rue d’une oreille distraite ».
Maintenant, place au film !* 24 avril 2005 (expo)
Nous vous remercions de votre présence et sommes particulièrement heureux de vous accueillir dans cette salle où vous allez découvrir - grâce au Service Départemental de l’Office National des Anciens Combattants - deux expositions, modestes certes, mais qui traduisent bien ce que nous avons voulu souligner en cette année du 60e anniversaire de la fin de la guerre 39-45.
Avec la première, intitulée "Vers la Victoire, la France au combat de 1942 à 1945", ce sont 25 panneaux qui montrent que la France vaincue de 1940, va être capable, dès 1942, de prendre toute sa part dans les combats pour la libération du territoire national et la victoire sur l’Allemagne. Vous serez en Afrique du Nord, notamment en Tunisie, puis vous délivrerez la Corse. Vous vous impliquerez dans la campagne d’Italie. Débarquant en Normandie, aidés par la Résistance, vous suivrez la 2e DB et libérerez Paris. Vous effectuerez la remontée de la vallée du Rhône. Vous contribuerez à l’effort sur les Vosges et l’Alsace. Vous rejoindrez les fronts "oubliés" et enfin vous participerez à la campagne d’Allemagne.
En cette Journée nationale du souvenir de la Déportation, il nous a paru capital d’évoquer, avec la seconde titrée fort justement "La Déportation de 1933 à 1945", ce qu’à été cet enfer. Ce sont donc 30 photographies qui témoignent de cette bestialité. On comprend mieux pourquoi il a pu être dit, à partir d’autres, prises à la libération des camps, notamment d’Auschwitz: « ces déportés humiliés, martyrisés, expriment un sentiment d’épuisement, d’hébétude, une sorte d’interdiction à jamais - après ce qu’ils ont vécu - de recouvrer la joie de vivre, le regard posé sans cesse sur leur tatouage, l’âme et la peau marquées de manière indélébile. Exclus de l’humanité pendant des années, ils ne peuvent la réintégrer ». Alors, pour barrer la route à la barbarie et ne pas avoir à porter un jour cette sinistre tenue rayée, « construisons [comme Francis TEITGEN l’écrivait récemment dans Ouest-France] l’avenir sur la mémoire en retenant enfin les leçons de l’Histoire ».
Je vous remercie.► Lien Wikipedia http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0CCEQFjAA&url=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FSeconde_Guerre_mondiale&ei=pLtsVOylEsXZaprTgvAE&usg=AFQjCNEX0ZVNMZFLOLemNm4i5DlLxfo-KA&bvm=bv.80120444,d.d2s&cad=rja