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Les Voivres
Actualité / Message

La nécessité de se souvenir

10 nov. 2014 Par jeannot88 Réagir
« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir… » Maréchal Foch.
C'est par cette citation que l'ancien militaire que je suis commencera, à la demande de Bernard Munier http://lesvoivres88240.over-blog.com/2014/11/remember.html), une petite réflexion sur la nécessité de se souvenir.
Un peu pris de court pour la conduire à bien d'ici ce 11 Novembre 2014 qui, à n'en pas douter, sera célébré demain avec éclat, en cette année de la commémoration du Centenaire du début de la Grande Guerre, je commence donc ce message aujourd'hui et je continuerai à le nourrir au fur et à mesure de mes occupations et de la résorption de quelques soucis "informatiques". Comme pour les hostilités qu'on croyait devoir être finies pour la fin des moissons et qui se sont cependant poursuivies pendant plus de quatre longues années meurtrières, je pense avoir le temps et, au besoin, la même durée d'écrire quelques mots consacrés au « Devoir de Mémoire ».
Je le fais volontiers, d'autant que, sans même parler du caractère quasiment obligatoire de ma participation à de nombreuses cérémonies tout au long de ma carrière militaire, j'ai bien entendu, durant mes presque 15 ans de Secrétaire de la 76ème Section des Médaillés militaires de La Flèche, exhorté mes camarades, dames d'entraide, membres associés et sympathisants à y participer massivement. Outre une collaboration à l'écriture de l'« Histoire de la Section » justement, j'y ai aussi commis quelques modestes ouvrages, tels que l'« Album du Centenaire » de la Section, « Casque blanc » et « Pour une Parcelle de Paix », qui démontrent bien - si besoin était - mon souci du souvenir et de l'hommage que nous devons à tous ceux et celles évidemment, qui ont lutté, au prix souvent de leur vie, pour une juste cause.
Pour ne pas entrer dans le débat assez inextricable Devoir de Mémoire/Devoir d'Histoire, je parlerai plutôt de Devoir d'Hommage ou de Devoir de Souvenir.
► Puisque demain Voivrais et Voivraises honoreront les 28 morts causés par la Grande Guerre, pourquoi ne pas commencer par la raison d'être du monument aux morts « érigé pour commémorer et honorer les soldats, et plus généralement les personnes, tuées ou disparues par faits de guerre » ?
« Mes morts, mes pauvres morts, c'est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans cœurs où vous blottir. Je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient ». Les Croix de bois - Roland Dorgelès.
Outre le rejet de la guerre, l'aspiration à la paix, c'est peut-être aussi à cela que sert le monument aux morts : honorer les noms des tués, tant ceux dont on a pu retrouver les dépouilles que ceux "englués" dans les champs de bataille, étripés par une baïonnette, éclatés par un obus et disparus à jamais.
Il y a maintenant une quinzaine d'années, j'avais écrit dans un édito : « Novembre 1918, novembre 1998…Quatre-vingts ans après, nous saurons tous nous mobiliser pour contredire ces mots désabusés (de Dorgelès) et démontrer que nous avons pleinement conscience du sacrifice consenti par nos Anciens pour sauver notre Patrie. Mobilisation pour intensifier notre participation aux cérémonies patriotiques. Hommage plein d’affection pour ces " Poilus " fauchés par la Grande Guerre. Mobilisation aussi pour nos traditionnelles festivités afin de témoigner encore et toujours que la 76e Section des Médaillés militaires est constituée d’hommes et de femmes qui, tout en faisant preuve de cohésion pour cultiver le souvenir, savent aussi former une communauté vivante, joyeuse, attachante.
En demandant à nos amis et sympathisants de venir nous rejoindre pour quelques pas de danse suivis d’un repas simple mais convivial, c’est agir aussi pour nos œuvres sociales. La coupe du monde de football a montré des Français capables de se réunir autour d’une cause et de " brandir les drapeaux tricolores ". A notre petit échelon, la commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918 pourrait être le détonateur permettent l’explosion (pour une fois pacifique) d’un nouvel esprit associatif, fondé sur le souvenir certes, mais aussi sur la participation et l’ouverture vers les autres. C’est sans aucun doute aussi une belle cause et également un bon investissement pour l’avenir de notre Section et par-là même, celui de notre Société nationale ».
Selon Wikipédia : « Le deuil de la Grande Guerre a déterminé les communes à rendre hommage à leurs morts pour la Patrie. Dans les années 1920-1925, ce sont quelque 36 000 monuments aux morts qui furent érigés malgré les difficultés de la reconstruction. L'État est intervenu pour accorder des subventions et réglementer les édifications, les souscriptions populaires couvrant parfois la totalité des dépenses.
Les pertes massives (en France, il y eut 1,4 million de morts et 3 millions de blessés sur 8 millions de mobilisés, pour une population de 40 millions d'habitants) amènent, le plus souvent, non à glorifier la victoire, mais à honorer ceux qui ont perdu la vie. Cet aspect est important, car la très grande majorité des monuments élevés à cette occasion le sont à l’initiative, ou au moins avec la participation financière des anciens combattants, qui formaient 90 % des hommes de 20 à 50 ans en France. Leur motivation à continuer de se battre était l’espérance que cette guerre serait la dernière (« la Der des Der »), et que leur sacrifice ne serait pas vain ; les monuments sont aussi là, dans une certaine mesure, pour rappeler ce sacrifice. Il n'est donc pas étonnant de trouver ces lieux de mémoire partout dans les départements, même éloignés des conflits, et les colonies.
Leur construction commence dans l’immédiat après-guerre, mais se prolonge tout au long du XXe siècle. Dans la plupart des pays, on ajoute à la liste des morts de la Grande Guerre ceux de la Seconde Guerre mondiale, puis des guerres suivantes (guerres de décolonisation (Indochine, Algérie). En France, on y trouve parfois aussi une copie de l’Appel du 18 juin.
La période principale de construction est cependant les années 1920, dans les pays occidentaux : 30 000 de 1918 à 1925 en France, soit quinze inaugurations par jour les trois premières années d’après-guerre.
► Avec toutes les initiatives, célébrations, commémorations et inaugurations dont l'apogée, pour l'année 2014, vient d'avoir lieu avec l'inauguration précisément de l'Annneau de la Mémoire, il est parfaitement démontré - comme il a été précisé encore aujourd'hui dans les "Questions au Gouvernement" - que le Devoir de Mémoire est bien une nécessité.
Dans ce message, je vais m'attacher, en passant par la possibilité qu'il me donne de la publication des 12 photographies et surtout de leurs commentaires, de poursuivre la démonstration en évoquant, de 1870 à nos jours, l'éventail des conflits ou de certains évènements qui nécessitent souvenir, hommage, transmission aux jeunes générations qui, à leur tour, seront chargées d'en perpétuer l'héritage.
Sans le souvenir : que deviendrait la réhabilitation possible de certains "fusillés pour l'exemple" ? La langue choctow, vouée à disparition, formidable arme de guerre en Europe dans le cadre de l'offensive Meuse-Argonne mais méprisée aux Etats-Unis pour cause d'assimilation culturelle, renaîtrait-elle ? Le rôle des travailleurs chinois, notamment leur participation aux "travaux de nettoyage" sur les champs de bataille après l'armistice, serait-il connu ? Qui aurait deviné, autrement que confinée dans son laboratoire, le rôle joué sur le terrain par Marie Curie ?
► Si commémorer, c'est se souvenir - ce que je pense et je ne suis pas le seul, je ne veux pas passer sous silence cet entretien d'un journaliste du quotidien "Ouest-France" (10-11-2014) avec le Délégué général(*) du Souvenir français de la Sarthe (au demeurant plus convaincant que celui des Vosges dans sa réponse - après relance - concernant la sépulture du canonnier Marchand), à propos de cette question : 11 Novembre : commémorer, çà sert à quoi ?
Résumé :
- « Beaucoup de choses de notre passé expliquent le présent et permettent de préparer l'avenir » ;
- citant une phrase gravée au Mémorial d'Auschwitz "Celui qui ne se souvient pas de son passé est condamné à le revivre" ;
- « Aujourd’hui, le défi c'est d’essayer de transmettre sans les témoins qui ne sont plus là. Je crois qu'il est normal qu'on rende hommage à ces personnes (anciens combattants). Et c'est par l'histoire que l'on peut sensibiliser les jeunes. Je ne suis pas pessimiste. L'histoire, ils s'y intéressent quand on leur parle avec des témoignages, des mots simples » ;
- mais aussi « Je ne suis pas là pour commémorer à outrance » ;
- « La commémoration, c'est simplement la mémoire » ;
- et enfin, ne jetant pas la pierre aux amicales, associations, etc. qui perpétuent le souvenir, parfois loin des préoccupations des jeunes « Ceux qui ont vécu des choses difficiles ont besoin de se retrouver entre eux pour mieux partager(**). Nous ne pouvons pas toujours comprendre ce qu'ils ont vécu. Leurs maux passés ont du mal à se raconter avec nos mots d’aujourd’hui ».
(*) Je veux souligner que, n'étant pas "Ancien combattant", il est d'autant plus pertinent qu'il a une approche non partisane sur le sujet de la commémoration.
(**) Pour ma part, "aux manettes" pendant près de 15 ans d'une association patriotique, j'ai fermement, en parfait accord avec son Président (du moins le premier, son successeur étant sujet à caution), plaidé pour l'ouverture vers l'extérieur, de manière à mieux faire connaître aux autres ladite association, d'en rehausser encore le prestige et donc « de mieux partager ».
jeannot88

L'auteur jeannot88 est l'auteur de ce message sur Les Voivres (Vosges) publié le lundi 10 novembre 2014 à 10h38.

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